Chat Control : le Conseil de l'UE renonce au scan obligatoire des messageries
· Par NumActu · 1 min de lecture

Après trois ans de blocage, les États membres abandonnent la détection obligatoire dans les messageries chiffrées. La détection volontaire, elle, est pérennisée.
Le règlement européen contre les abus sexuels sur mineurs en ligne — surnommé « Chat Control » par ses détracteurs — vient de franchir une étape décisive : le Conseil de l'UE a arrêté fin novembre une position qui renonce aux ordres de détection obligatoires, ce mécanisme qui aurait contraint les messageries, y compris chiffrées de bout en bout, à scanner les contenus de leurs utilisateurs.
Ce que contient le compromis
Le texte pérennise la détection volontaire pratiquée par certaines plateformes, impose des mesures d'atténuation des risques (contrôles d'âge renforcés, signalements, retraits) et crée un centre européen dédié. Mais il ne force plus le déverrouillage du chiffrement — la ligne rouge autour de laquelle Allemagne et plusieurs États avaient construit leur blocage, à l'unisson des cryptographes.
Une victoire, pas la fin de la guerre
Les défenseurs des libertés saluent l'abandon du scan généralisé, tout en pointant les ambiguïtés restantes — incitations à « consentir » au scan, débat sur le repérage côté client — qui pourraient resurgir lors du trilogue avec le Parlement, sur des positions plus protectrices encore.
Ce qu'il faut retenir
Le chiffrement de bout en bout sort préservé de la plus sérieuse offensive qu'il ait connue en Europe. Mais l'équation de fond — protéger les enfants sans surveiller tout le monde — reste entière, et reviendra sous d'autres formes.