FranceConnect, France Identité : nos identités numériques sont-elles trop centralisées ?
· Par NumActu · 1 min de lecture

Des impôts à la vérification d'âge, une poignée de systèmes concentre l'accès numérique aux droits de 60 millions de Français. Atouts et risques d'une architecture critique.
Se connecter aux impôts, à l'Assurance maladie, bientôt prouver son âge : en dix ans, FranceConnect puis France Identité sont devenus les clés de voûte de la vie administrative numérique. Une réussite d'usage — et une concentration qui interroge.
Ce que la centralisation apporte
Un standard unique de connexion, un niveau de sécurité homogène, la lutte contre la fraude documentaire, et la base du futur portefeuille européen d'identité. Pour la vérification d'âge « en double anonymat », l'application France Identité est même l'un des rares candidats crédibles à grande échelle.
Ce qu'elle fait peser
Trois risques croissent avec l'usage : le point de défaillance unique (une compromission ou une panne paralyse l'accès aux droits), la tentation du traçage (qui se connecte où — même pseudonymisé, le graphe des usages est sensible), et la dérive fonctionnelle : chaque nouveau cas d'usage — âge, banque, transports — banalise la présentation d'identité, jusqu'à en faire un réflexe.
Les garde-fous qui comptent
Présentation sélective (prouver « majeur » sans révéler qui), non-traçabilité vérifiable par des tiers, code auditable, et un droit opposable à l'alternative hors ligne. L'identité numérique publique peut être une protection contre les identités privées des plateformes — à condition de ne pas reproduire leurs défauts.