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Interopérabilité des messageries : la promesse fantôme du DMA

· Par NumActu · 1 min de lecture

Interopérabilité des messageries : la promesse fantôme du DMA

Deux ans après l'obligation faite à WhatsApp de s'ouvrir aux messageries tierces, les passerelles restent quasi désertes. Autopsie d'une belle idée.

C'était l'une des promesses les plus concrètes du DMA : pouvoir écrire depuis une petite messagerie vers WhatsApp, sans que chacun doive installer l'application dominante. Deux ans plus tard, le constat est cruel : l'interopérabilité existe, presque personne ne s'en sert.

Pourquoi ça ne décolle pas

Trois raisons s'additionnent. La friction produit : opt-in explicite, fonctionnalités réduites (pas de groupes au début, réactions limitées), avertissements anxiogènes. Le désintérêt des grands acteurs : ni Signal ni Telegram n'ont demandé la connexion, par choix de sécurité ou de croissance. Et l'asymétrie des incitations : le contrôleur d'accès applique la lettre de l'obligation, jamais son esprit — rien ne l'oblige à rendre la passerelle désirable.

Une leçon de régulation

Imposer une interface ne crée pas un usage. Sans obligations de parité fonctionnelle, sans calendrier de qualité, sans mesure d'adoption, une interopérabilité peut être parfaitement conforme et parfaitement inutile — l'histoire des télécoms l'avait déjà enseigné.

Pour autant, faut-il enterrer l'idée ?

Non : la tuyauterie existe, auditée et chiffrée — un actif réglementaire rare. Si la bataille des assistants dans les messageries s'ouvre vraiment, ces passerelles pourraient trouver une seconde vie. Les infrastructures précèdent parfois leurs usages.

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